Vendredi 19 Octobre 2007 à 11h48:26 GMT -4.00
Commercialisation de l’eau douce
Afin de permettre à une société de faire un choix éclairé sur les enjeux d’une commercialisation de l’eau en vrac, la synthétisation s’impose. Le texte suivant met donc en évidence les points importants entourant la polémique environnementale au sens du BAPE.
Sociétairement
Plusieurs régions, nommées région-ressource, ont été prises avec d’importants problèmes économiques. Quoique la vapeur se renverse, la commercialisation de l’eau se considère comme alléchante du point de vue des retombées en emploi créé. L’exportation de l’eau semble donc logique, les États-unis sont partiellement désertiques. Ces résidants sudistes auront bientôt besoins de plus d’eau que les ressources locales le permettent. L’enjeu est humanitaire en termes de consommation d’eau. Il y a d’autres pays aussi, notamment l’Egypte. Qu’ils désalinent l’eau de mer, ce sera plus payant pour eux!
En termes de déshydratation, certaines municipalités perdront leur autonomie d’abreuvement, car si la commercialisation de l’eau en vrac est légalisée, il se peut que les puits s’assèchent. Cela revient donc à donner une ressource gratuitement pour la payer par la suite au centre commercial. De plus, si jamais les compagnies pompent l’eau souterraine, de nouvelles voies hydrogéologiques pourraient notamment modifier le portrait des systèmes aquatiques des riverains. Cela pourrait affecter, en autre, la pêche. Pour toutes ces raisons, la population est unanime sur la volonté de patrimoiniser l’eau, à savoir les hautes-eaux et les eaux souterraines.
Environnementalement
Selon le ministre de l’environnement de lors, Thomas Mulclair, des essais sur la qualité de l’eau et l’étanchéité entre les eaux sont produits par les hydro-compagnies, d’une valeur de 60 000 $, avant que le gouvernement donne un permis d’exploitation dans l’optique d’embouteillage de l’eau douce. Par contre, selon le rapport du Bureau des Audiences Publiques Environnementales, BAPE, on manque de connaissances sur les sources souterraines comme leur potentiel hydrique, leur taux de renouvellement ainsi que leur nature. Justement, les nappes phréatiques sont très vulnérables aux pollutions, tels que les produits agricoles (pesticides, biocides et fumier), les lexivias (eaux de dépotoirs, résidus miniers et hydrocarbures), etc.
Il est soulevé qu’une grande exploitation de l’eau, en plus de modifier les systèmes aquatiques et riverains, pourrait nuire à la résistance du Québec à affronter les changements climatiques. Il est encore plus alarmant de savoir qu’une perte de contrôle de la ressource sera imminente selon les Accords de Libre Échange Nord Américain, ALENA, si la commercialisation de l’eau en vrac est légalisée.
Politico-juridiquement
Il est bien vu qu’un gouvernement crée de l’emploi, surtout en région. À cette effet, aussi afin d’utiliser positivement la ressource pour la nation québécoise, un décret ministériel oblige les hydro-commerces à payer des redevances sur l’eau embouteillée, de l’ordre de 10 à 15 millions de dollars. Les rentes sur l’eau servent à payer les réflexions hydro-infrastructurelles municipales.
Par contre, le gouvernement se voit obliger de refuser un moratoire sur l’impôt des eaux, car ils protestent étant donné qu’ils représentent aujourd’hui moins d’un pour cent. Encore une fois, la tâche est difficile car la convoitise des États-unis est menaçante : à savoir la perte de contrôle, puisque l’ALENA passe au-dessus de l’environnement et de la santé. En outre, les emplois sur la collecte de l’eau risque d’être aussi problématique que l’industrie forestière, à cause du danger de surexploitation.
Pour bien comprendre le danger politico-juridique de la légalisation de l’eau, il faut savoir que le Québec n’est possesseur que de tout ce qui entoure les hautes eaux, mais pas l’eau elle-même. Ce serait comme être propriétaire de l’air respirée. Pire encore, le propriétaire d’un terrain possède tous les droits de l’eau qui se cache sous ses terres, en relation de bonne entente et de bonne foi avec les autres copossesseurs, car l’eau ne fait pas partie du patrimoine.
Financier
La commercialisation de l’eau en vrac est un très grand marché, un marché supérieur à celui pharmaceutique. Il représente actuellement 40 % du marché pétrolier. C’est donc une ressource à valeur de plus en plus grande. Il y a 10 ans, 380 000 m3 d’eau embouteillée étaient bue au Québec. L’exportation représente 33 % de la production totale, ce qui représente une proportion 2 :1 entre la beuverie et l’exportation. Pour toutes ces raisons, la bourse place le marché de l’eau très hautement, car les spéculateurs y font une confiance absolue.
En finance, comme dans une cours d’école, ce sont les plus gros qui mènent. Les multinationales gèrent donc le marché, se donnant une guerre des prix sur l’eau. Le commerce québécois est presque inexistant, car l’embouteillage est coûteux. Le litre d’eau peut coûter plus cher que le litre d’essence; il peut même coûter jusqu’à 3000 fois plus cher que l’eau du robinet.