mardi 18 Mars 2008 à 15h03:10 GMT -4.00
Occuper la périphérie nordique
L’occupation du territoire nordique québécois fût à l’ordre du jour lors du Forum UQACquien, du 14 mars dernier. Plusieurs intervenants régionaux furent présents tels des professeurs, des élus et des représentants d’organismes environnementaux, publiques, privés ou de recherche.
En gros, les discussions furent portées sur ces points primordiaux : L’histoire du nord québécois et son développement passé, les gains futurs en capital à y acquérir comme les ressources énergétiques, les ressources forestières / agricoles / minières, mais aussi les gains en confort social comme l’environnement, la régionalisation, la redistribution de la richesse et l’entrepreneuriat.
Histoire du Nord
La région Nord du Québec, aujourd’hui appelé Nunavik (ou Nouveau-Québec), a été annexée à notre territoire en 1911. À l’époque, les dirigeants, quoiqu’ils ne savaient pas quoi faire avec, l’ont acceptée en se disant pourquoi pas, même si pour eux, croyaient-ils, il n’y avait que des sauvages.
Suite au brouhaha de Terre-Neuve créé par cette donation, Terre-Neuve étant encore à cette époque un pays à part entière, le Labrador lui fut cédé, en 1927, par l’Angleterre, en partie comme remerciement pour ses loyaux services de la Royal-New-Found-Land-Regiment durant la Première Guerre Mondiale.
Encore pour une question guerrière dans l’histoire de l’économie, des efforts de recherches minières commencèrent en 1940. La majeure partie dura 30 ou 35 ans. Tous ces efforts suivaient un modèle de l’époque, c’est-à-dire pollueur. Aujourd’hui, le Nord est parsemé de dépotoirs multiples. On y retrouve de 1 à 30 barils de diesel par dépotoir, une panoplie de produits chimiques comme l’arsenic, des véhicules, des bâtiments, des matériaux, etc.
Finalement, il y eut aussi les grands projets hydroélectriques de la révolution tranquille.
Indépendance énergétique
Les gens ne sont pas sans savoir que le coût des ressources renouvelables est à la hausse à cause des prévisions de leur raréfaction. De plus, il n’y a que 38 % de l’énergie consommée au Québec qui est hydroélectrique. Et oui, nous dépensons plus de 52 % en énergie pétrolière. Dans une quête de l’indépendance énergétique, le Québec devrait ajouter 400 MW/an d’hydroélectricité, soit une Péribonka IV à chaque année. Dans le même ordre d’idée, il faudrait construire un parc éolien, à Caniapiscau, de 10 000 MW, représentant 20 % de notre actif projeté. Mais dans un défi de Nordicité, il faudrait pour cela, soit adapter les technologies éoliennes à notre climat, soit créer nos propres installations, car, au Québec, il givre. Finalement, il est fort suggéré de faire de vraies économies effectives d’énergie. L’électrification d’un vaste réseau de transport en commun pourrait être un exemple.
Route du Nord
Les Finlandais réussissent à faire plus de bois d’œuvre avec moins de ressource que nous. L’explication réside dans le fait qu’ils vivent près des lots à bois. Dans notre cas, les camions doivent traverser de très grandes distances, rendant la récolte commerciale moins viable. Ainsi, avec l’idée « d’éolieniser » (sic) Caniapiscau, il faut terminer les routes du nord, pour mieux développer ce milieu nordique. En regardant les figures 1 et 2, deux principaux tronçons sont suggérés, soit le chemin passant près de Caniapiscau et l’autre près du réservoir Mistassini. Trop cher, direz-vous? Lors de la création des États-Unis, ils ont décidé de relier chaque ville au réseau ferroviaire, coûte que coûte. L’astuce a très bien fonctionné. Dans notre cas, les routes du nord, en plus de permettre l’éolieno-électricité et la récolte forestière, permettraient de démarrer de nouvelles mines, de faire de l’agriculture nordique, et même, de décontaminer ce territoire!
Maître chez nous, enfin!
Il est clair qu’une économie, telle qu’implantée anciennement, n’est plus acceptable. Le modèle suggéré est de partager les bénéfices avec les résidents, comme s’ils étaient des partenaires financiers. Certains économistes diront que c’est inimaginable car l’entreprise est là pour faire de l’argent. Dans un contexte comme l’occupation du Nord québécois, il y a tant d’argent à faire, que la distribution d’un faible pourcentage des bénéfices serait perçue comme une grosse somme d’argent par les habitants.
Une grande erreur dans la pensée québécoise est l’attente d’implantation de grosse entreprise, d’attendre des « sauveurs ». Notre futur est de remporter le défi de l’entreprenariat. Ainsi, il est nécessaire d’avoir un meilleur processus de démarrage d’entreprise, à court terme, avec des aides spécifiques aux besoins nordiques et énergétiques. Dans un contexte à moyen et long terme, il faudra obliger les étudiants à avoir des cours d’entrepreunariat plus approfondie dans leurs cursus scolaires.
Participer / vouloir travailler au développement du Nord
Selon des économistes de renom, le Québec a le plus fort potentiel économique parmi les 12 pays occidentaux industrialisés, par son potentiel minier, son potentiel électrique, son potentiel forestier, son potentiel en eau douce et son potentiel récréotouristique. Plusieurs conditions doivent être accordées pour réussir cet objectif. Il faut que les habitants mettent la main à la pâte en choisissant de développer leur coin de pays, l’autonomisation des communautés, i.e. l’anti-infantilisation de celles-ci. Mais avant, il faut encore leur donner les ressources nécessaires, comme localiser les décisions gouvernementales aux endroits visés, le Nunavik et le Québec des régions. De plus, comme les amérindiens ont un poids politique important, une alliance inter-décisionnelle entre réserve et municipalités va de soi. Cela reviendrait, en d’autres mots, à fractionner et à fusionner la politique en espaces territoriaux, pour simplifier notre présent modèle en une politique de ruralité, avec des agents ruraux. Il ne faut pas alourdir la machine par conséquent!
