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Produits cosmétiquesVendredi 29 Juin 2007 à 18h25:32 GMT -4.00 La science de la rhéologie à la rescousse Source recorrigée:
Les produits cosmétiques à comportement newtonien sont peu nombreux. Qui dit newtonien, dit un aspect physique facile à déterminer afin de les comparer ou de les contrôler en mesurant leur viscosité. Quoiqu'il en soit des produits newtoniens, il en est rarement de même lorsqu'on se trouve en présence de produits cosmétiques généraux car ils ont un comportement rhéologique complexe dont les rhéogrammes ne permettent pas une identification formelle. Il serait alors osé de parler à leur sujet de viscosité et de définir leur famille rhéologique grâce à une valeur ponctuelle non représentative du produit. Sur une même figure, portons le tracé d'un produit à comportement newtonien strict et celui d'une substance pseudo-plastique. On peut remarquer que leur courbe respective se coupe en un point. Si ce point unique suffit à déterminer la viscosité du liquide newtonien, il n'en est plus de même pour la substance pseudo-plastique dont il est malaisé d'apprécier la consistance et il n'est pas possible d'affirmer que ces deux substances présentent la même viscosité.
Cet exemple simple illustre la difficulté, voire l'impossibilité, de définir un produit cosmétique complexe par une simple étude rhéologique. En effet, la notion de viscosité doit être abandonnée au profit d'une notion plus complexe, mais plus proche de la nature des produits concernés : la consistance. Lorsqu'on aborde cette notion, il convient de prendre en compte toute une série de qualités, telles que : rigidité, dureté, élasticité, pouvoir d'étalement, tirant, filant, etc.; définir la consistance revient à évaluer la résultante de ces diverses caractéristiques. La consistance est donc une notion mal définie, pourtant très importante, et dont la mise en évidence est très délicate. En face de ces études compliquées dues à la complexité des comportements rhéologiques de la plupart des produits cosmétiques, paradoxalement, l'utilisateur est capable de discerner des différences de consistance, parfois faibles, par une simple application du produit. L'étude rhéologique poussée est-elle capable, pour autant, de donner une base physique à l'évaluation sensorielle des produits? Si on se contente d'examiner le produit cosmétique sous l'aspect physique et l'impression visuelle perçue à la sortie immédiate du conditionnement, les résultats obtenus par l'étude rhéologique tels que, dureté, viscosité, seuil d'écoulement, etc. sont d'un intérêt certain. En effet, ces renseignements permettent, entre autres, de fixer la consistance finale d'une crème ou d'un lait, de définir les propriétés mécaniques idoines d'un rouge à lèvres ou d'un stick, de régler la viscosité d'un shampooing, etc. ou encore de choisir la nature d'un conditionnement, rigide ou souple, et ses dimensions. Si l'utilisation de ces données scientifiques fournies par l'étude rhéologique apporte au formulateur une aide précieuse dans la mise au point de la forme physique du produit, elles s'avèrent inefficaces dès que l'on aborde l'appréciation de l'utilisateur, c'est-à-dire le consommateur. Dépourvu de moyens analytiques, il n'a à sa disposition que ses sens, qui lui transmettent des sensations ou impressions, pas toujours objectives, pour évaluer les qualités des produits. Les critères d'appréciation varient selon le consommateur, de même que leur ordre d'importance n'est pas identique en fonction de la finalité requise. Si l'on met de côté l'impression essentiellement visuelle laissée par le produit dans son conditionnement au moment de l'ouverture, on peut distinguer deux phases dans l'évaluation sensorielle d'un produit cosmétique :
Dans cette phase, c'est essentiellement le toucher qui est concerné. En effet, l'utilisateur en étalant le produit sur la peau et les muqueuses, applique par la friction une vitesse de déformation plus ou moins élevée selon, d'une part, la consistance du produit et d'autre part, ses habitudes propres. Cette vitesse de déformation n'est pas identique pour tous les produits; en général, elle augmente lorsque la viscosité ou la consistance diminue. Pour tenter de normaliser cette capacité d'étalement (spreadability), certains auteurs préconisent de comparer la préparation et une série de liquides newtoniens étalons de viscosités croissantes. Cette méthode doit connaître très rapidement ses limites dans le cas de substances de comportement rhéologique complexe. En fait, il s'agit de quantifier cette qualité spécifique fondamentale du produit : la capacité d'étalement. Exceptés les aérosols, l'ensemble des produits cosmétiques sera jugé sur cette propriété. À l'aide des rhéomètres modernes, il est aujourd'hui possible d'obtenir, pour un même produit, de nombreuses séries de mesures à différentes vitesses de cisaillement. L'étude de son profil rhéologique doit permettre, assez facilement et dans beaucoup de cas, de trouver une corrélation fiable avec cette propriété importante. Cette capacité d'étalement doit être complétée, à notre avis, par la notion de temps d'étalement. En effet, en particulier dans le cas des émulsions, l'effort nécessaire à l'étalement diminue avec la pénétration et la disparition du produit sur la peau. On peut résumer et dire qu'à l'application du produit le toucher est lié directement à deux facteurs prépondérants :
Ces deux facteurs sont liés à la consistance, donc au comportement rhéologique du produit. Malgré les difficultés, la détermination la plus complète et la plus précise possible du profil rhéologique doit permettre une évaluation rationnelle du «toucher». Après application du produit Dans cette seconde phase, les sensations ou impressions ressenties le sont à travers la vue, l'odorat et encore le toucher. Faute de références fiables fournies par des instruments de mesure, il est aujourd'hui impossible de quantifier l'ampleur ou l'intensité de ces sensations. Une impression de fraîcheur ou de chaleur laissée sur la peau après application d'un lait corporel, comme l'appréciation négative ou positive de l'arôme d'un rouge à lèvres, ou encore l'apparition ou non d'une rougeur à l'application d'une crème solaire, sont directement issues de réactions individuelles, liées à nos habitudes, à notre culture ou à nos goûts personnels. Toutes ces sensations ou impressions ressenties à l'occasion de l'utilisation de produits cosmétiques sont également en relation étroite avec le sentiment de confort et de bien-être que doivent nous apporter ces produits. Le formulateur, dépourvu de mesures objectives, devra faire appel et s'appuyer sur sa propre expérience ou sur les résultats statistiques fournis par les panels d'évaluation. C'est grâce à eux qu'il devra apporter les corrections indispensables à la formulation définitive du produit, afin que celui-ci puisse répondre aux besoins et au plaisir du plus grand nombre. CONCLUSIONGrâce à un matériel de plus en plus performant et avec l'aide de l'informatique, la science rhéologique a progressé. Les rhéogrammes précis et élaborés qu'elle fournit permettent de mieux expliquer le comportement complexe de la plupart des produits cosmétiques. La notion de viscosité, spécifique des fluides newtoniens et abusivement utilisée pour définir les produits non newtoniens, s'est vue agrémentée de notions plus larges comme la consistance. Les éléments objectifs sont aujourd'hui capables de traduire, en valeurs chiffrées, un aspect particulier, mais néanmoins important de l'évaluation sensorielle : le toucher. Le formulateur trouvera dans cette science les moyens d'atteindre plus rapidement la formule définitive du produit, de le comparer, de le contrôler, de surveiller son comportement dans le temps et sa stabilité. Le formulateur trouvera dans cette science les moyens d'atteindre plus rapidement la formule définitive du produit, de le comparer, de le contrôler, de surveiller son comportement dans le temps et sa stabilité. Les autres aspects de l'évaluation sensorielle, plus suggestifs, et qui se traduisent à travers la vue, l'odorat et aussi le toucher par des sensations ou impressions, souvent difficiles à décrire, échappent aux lois ou modèles mathématiques même les plus compliqués, car trop dépendantes de notre sensibilité individuelle.
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